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02 février 2022

Carolanne d'Astous Paquet - cdastous@lexismedia.ca

Épidémie de tordeuse : la filière forestière régionale sur la corde raide

LA MATAPÉDIA

tordeuse

©MFFP

L’insecte ravageur perturbe la santé des forêts privées et celle de toute l’industrie forestière bas-laurentienne.

Depuis 2012, la tordeuse des bourgeons de l’épinette (TBE) ne cesse d’envahir les forêts du Bas-Saint-Laurent, plus particulièrement celles de La Matapédia et de La Matanie. À bout de souffle, les producteurs forestiers réclament une aide financière d'urgence pour mieux contrôler l’épidémie de TBE qui affecte le secteur privé.

Qui aurait cru qu’un si petit insecte pouvait ravager des forêts en entier ? Se nourrissant des aiguilles de conifère, ces petites chenilles provoquent une défoliation pouvant mener à la mort de l’arbre. Particulièrement présente en forêt matapédienne et matanaise, la TBE cause des maux de têtes à toute la filière forestière bas-laurentienne.

Les forêts meurent à petit feu

Au cours de la dernière année, les zones touchées ont augmenté de 23 %, passant de 1,31 million d’hectares à 1,62 million d’hectares, selon les informations de la Table de concertation de la forêt privée du Bas-Saint-Laurent. « Ces années-ci, c’est assez sévère, les pics de mortalité en forêt dans les sapinières sont très marqués, surtout chez les peuplements plus âgés », explique Marie-Hélène Ouellet D’Amours, biologiste œuvrant pour le Conseil régional de l’environnement du Bas-Saint-Laurent (CREBSL).

Un manque à combler

Pour gérer l’épidémie de TBE, les producteurs de bois doivent principalement concentrer leurs énergies sur la coupe forestière, en récoltant les peuplements vulnérables ou lourdement affectés par l’insecte défoliateur. « Avant que le bois se mette à pourrir et qu’il ne soit plus utilisable dans les usines, le ministère met en place des plans spéciaux de récupération des bois, ce qui fait énormément augmenter les volumes de bois à récolter », explique Marie-Hélène Ouellet D’Amours.

Or, ces travaux d’aménagement liés à la TBE monopolisent la majeure partie des budgets alloués aux entreprises en plus de solliciter l’ensemble des ressources dans les secteurs infestés. Le président du Syndicat des producteurs forestiers du Bas-Saint-Laurent, Maurice Veilleux, estime qu’il est temps pour le gouvernement d’intervenir dans ce dossier.

« Les conséquences sont graves, car il n’y a plus de budget pour réaliser les coupes partielles prévues à la stratégie sylvicole et il y a moins de travail à offrir aux ouvriers forestiers et aux entrepreneurs dans l’ouest du territoire. La situation est critique pour plusieurs producteurs, travailleurs et entrepreneurs. »

Pour l’année courante, le montant manquant pour combler les besoins annuels liés à la TBE dans le Bas-Saint-Laurent s’élèverait à 4,7 M$, selon les estimations de la table de concertation de la forêt privée. Le syndicat des producteurs forestiers de la région réitère sa demande d’aide d’urgence de 2 millions de dollars en revendiquant des sommes supplémentaires pour les prochaines années.

Maurice Veilleux

©Adeline Mantyk - L'Avant-Poste

Maurice Veilleux, président du Syndicat des producteurs forestiers du Bas-Saint-Laurent.

Malgré l’urgence d’agir, Marie-Hélène Ouellet D’Amours rappelle qu’il sera important de considérer l’ensemble de la biodiversité pour la suite des choses, notamment les espèces menacées comme le caribou de la Gaspésie.  

« En regard de la TBE, ce serait de s’assurer de continuer l’arrosage. Il faut aussi éviter de simplifier la structure et la diversité de la forêt. Les plans de récupération obligent à ramasser le bois, mais il est quand même important de laisser des arbres sur pied, des legs biologiques […] c’est de s’assurer que cette récolte intensive respecte les cibles écosystémiques qu’on s’est donné pour éviter d’aménager des forêts vulnérables à la prochaine épidémie », conclut-elle.

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