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11 février 2021

Carolanne d'Astous Paquet - cdastous@lexismedia.ca

Jean-Marie Kabera : cultiver l’ouverture d’esprit à travers l’éducation

Mois de l'histoire des Noirs

jean-marie kabera

©Photo Gracieuseté

Le citoyen de Causapscal nous a généreusement partagé son histoire.

Pour souligner le Mois de l'histoire des Noirs, votre journal local est allé à la rencontre de Jean-Marie Kabera, originaire du Rwanda, en Afrique de l'Est. Établi dans La Matapédia depuis 21 ans, Jean-Marie mène une brillante carrière dans le domaine de l’éducation, en ouvrant la voie vers le respect mutuel et la coexistence. 

Jean-Marie Kabera quitte son pays natal en 1995, quelques mois après l’éclosion de la guerre civile au Rwanda. Pour trouver un peu de réconfort, il choisit le Québec comme terre d’accueil, la Ville de Rimouski plus précisément. « Je suis parti du Rwanda parce qu’il y avait des problèmes de génocide et de guerre. Ce n’était pas facile. Si j’ai réussi à y sortir, c’est une chance que j’ai eu. J’aurais pu y rester comme tout le monde qui est mort », laisse-t-il entendre en faisant référence aux quelque 900 000 victimes du génocide.

Cinq ans plus tard, son cœur le mène tout droit vers Causapscal, la ville où il vit depuis maintenant 21 ans. Si le Néo-Matapédien est littéralement tombé sous le charme de la région, force est d’admettre qu’il a dû surmonter quelques préjugés basés sur la couleur de sa peau.

« Tout passe par l’éducation »

Plutôt que d’endosser le rôle de victime, Jean-Marie a toujours priorisé la souplesse en n’ayant pas peur d’engager le dialogue au besoin. D’ailleurs, un jour en faisant les courses, Jean-Marie a entendu un enfant émettre un commentaire sur la couleur de sa peau. Constatant l’inconfort de la mère, le citoyen de Causapscal a profité de l’occasion pour aborder « la différence ».

« J’ai dit, madame, vous n’avez pas à le frapper, vous avez devant vous du matériel humain et didactique pour lui expliquer. La dame m’a dit, oui mais je lui ai dit d’aimer tout le monde. Je lui ai répondu, il n’a pas à aimer tout le monde. Il faut seulement qu’il connaisse. En terminant, j’ai répondu au jeune, je te jure, je suis lavé », lance le bon vivant en riant.

Jean-Marie n’hésite pas à souligner l’importance de l’ouverture d’esprit en ce qui a trait à l’immigration, tant chez le nouvel arrivant que chez le citoyen de la terre d’accueil. « Il faut donner une chance à la chance. Il faut être patient, il faut être ouvert et accessible. Il y a certaines personnes qui peuvent faire des maladresses, ou ce qu’on appelle des méchancetés, parce qu’ils ne savent pas. L’ignorance est la genèse de tous les maux », poursuit-il.

Conscient de la tribune que lui offre son travail, Jean-Marie se fait un devoir de sensibiliser la jeunesse d’aujourd’hui sur l’importance du respect d’autrui et de la coexistence. « C’est très important que ça se passe dans l’éducation, moi j’ai la chance d’être en éducation. Les enseignants m’invitent parfois dans leur cours pour aborder certains sujets. […] Quand on a la chance d’avoir des parents de nos élèves qui abondent dans le même sens que nous, la réussite devient totale, à tout point de vue. »

Un éveil collectif

Au cours des derniers mois, plusieurs geste racistes et tragiques ont mené à une prise de conscience collective partout dans le monde. Bien qu’il reste du chemin à faire, le Rwandais d’origine se dit heureux de constater une certaine évolution des mœurs. « Pourquoi se fier sur la couleur de la peau quand la même couleur de sang coule dans nos veines ? », conclut-il.  

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