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05 février 2021

Jean-Philippe Thibault - jpthibault@lexismedia.ca

Keolis décide finalement de maintenir ses services en Gaspésie

GASPÉSIE

Orléans Express

©Photo Dominique Fortier - L'Avant-Poste

À deux jours de l’arrêt prévu de ses services le 7 février, Keolis Canada a finalement annoncé qu’elle sera en mesure de poursuivre les activités de son service de transport par autobus dans l’Est-du-Québec.

L’entreprise mère derrière Orléans Express – détenue à 30% par la Caisse de dépôt et placement – rappelle cependant que la situation reste précaire et qu’elle continue d’enregistrer des pertes financières importantes. Via communiqué, elle souligne du même coup que les services devront être modulés en fonction de l’achalandage, sans autre détail pour le moment. Au moment d’écrire ces lignes, il était de nouveau possible de réserver des billets au départ et à l’arrivée des villes de la Gaspésie habituellement desservies par Orléans Express, au-delà du 8 février. « Dans le contexte actuel de pandémie, l’aide financière est inévitable pour assurer un service de transport interurbain. Le gouvernement du Québec a constaté la fragilité que vit notre industrie et nous sommes soulagés d’obtenir un soutien pour continuer à desservir notre clientèle régionale puisque nous avons réellement à cœur de maintenir nos services interurbains », indique Pierre-Paul Pharand, président-directeur général de Keolis Canada.

Rappelons que dans l’espoir de pallier le retrait annoncé des autocars d’Orléans Express à l’est de Rimouski à partir du 7 février, le gouvernement du Québec a mis sur la table une aide d’urgence de 10 millions de dollars, destinée exclusivement aux transporteurs par autobus entre les régions. L’enveloppe prévoit notamment de couvrir 75% des pertes encourues par les transporteurs depuis le 16 octobre.

L’entreprise note cependant que dans le contexte de crise sanitaire toujours incertain et puisque les habitudes de déplacement ont beaucoup évolué au cours de la dernière année, leur situation financière demeure fragile. « Bien que l’aide octroyée soit importante aux yeux de Keolis Canada, il est pertinent de préciser que celle-ci ne permet pas de couvrir tous les coûts du réseau et que l’entreprise continue d’éponger des pertes financières importantes. »

Un modèle à revoir?

 

Malgré ce « dénouement », plusieurs estiment que le mal est fait et qu’il est temps de saisir la balle au bond pour revoir le modèle du transport régional par autocar, un peu à l’image du départ d’Air Canada qui a accéléré le processus pour de nouvelles avenues dans le monde aérien. Rappelons que l’idée d’une entreprise parapublique comme Régionair ou d’une coopérative telle que TREQ ont notamment émergé, tout comme des structures public-privé. Dans l’immédiat, Pascan Aviation a déjà pris le relais.

La Fédération québécoise des municipalités (FQM) est dans le clan de ceux qui souhaitent le lancement d’une réflexion sur le modèle actuel, qui selon elle favorise la desserte des liaisons les plus rentables au détriment des régions. « Il faut éviter de retomber dans une situation où les municipalités sont prises en otage par une entreprise telle que Keolis Canada, qui décide unilatéralement de mettre fin à un service essentiel comme nous venons de le connaître », plaide le président Jacques Demers.

Une expression reprise notamment par le maire de Gaspé. Daniel Côté vait prédit que l'aide financière supplémentaires de 10 millions de dollars découlerait inévitablement sur un maintien du service par le transporteur par autobus, mais que le temps était tout de même venu de trouver un plan B. « La petite menace d’une rupture de services ç’a énervé ben du monde et ç’a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. On a vécu une petite histoire d’horreur avec Air Canada l’été dernier et ça ne nous tente pas de revivre ça. Régionalement on va travailler sur une autre piste de solution », a-t-il indiqué lors du conseil municipal de lundi soir dernier.

L’autre grande organisation municipale du Québec, l’UMQ, dont Daniel Côté est d’ailleurs premier vice-président, abonde dans le même sens pour revoir en profondeur le service une fois la crise terminée. « La question du transport interurbain par autobus est l’une de celles qui reviennent périodiquement à l’avant-plan en raison des difficultés à assurer son financement et à maintenir l’offre de services [...] Il sera nécessaire de se pencher sur le modèle d’affaires actuellement en vigueur à cet effet et de repositionner l’enjeu du financement dans une réflexion plus globale sur le transport collectif. »

Commentaires

7 février 2021

Roger Gagnon

Impossible de rentabiliser ces mastodontes dans les nouvelles façons de voyager sur de si petits marchés. Il y a déjà plus de 30 ans je voyageais chaque semaine dans la région de Matane et étant membre de Allo-Stop ma voiture était toujours à pleine capacité aller/retour. Les compagnies de l'époque avait le potentiel pour continuer leurs développements vers les grandes villes mais les Jos Connaissants de l'époque lui ont préféré l'autocar plutôt que d'encourager une industrie régionale. Un jour, peut-être, les régions comprendront la nécessité de fronts communs sur certain dossier et le transport régional, quelle belle occasion pour une politique adaptée à la réalité québécoise. Hélas, il n'y a plus que le char à batteries dans nos cercle politiques contrôlés par des minorités des grandes villes

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