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12 mai 2020

Dominique Fortier - dfortier@lexismedia.ca

Points de contrôle: la ministre régionale Marie-Eve Proulx rejette les demandes des élus

COVID-19

Marie-Ève Proulx

©Jean-Philippe Thibault - L'Avant-Poste

Marie-Eve Proulx dit s'en remettre à la Santé publique provinciale qui recommande la levée des points de contrôle.

La ministre responsable de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent, Marie-Eve Proulx dit avoir entendu les élus au sujet de la levée des points de contrôle mais affirme qu'elle est à l'aise avec la levée des points de contrôle régionaux.

Dans un communiqué de presse envoyé aux médias, la ministre Proulx dit s'en remettre à la Santé publique en ce qui a trait à la levée des points de contrôle et du déconfinement progressif des régions. « Nous savons bien que certaines personnes sont inquiètes de voir des gens de l’extérieur débarquer chez eux, en région. Mais si on respecte les mesures sanitaires maintes fois répétées, comme garder 2 mètres de distance entre chacun de nous, se laver les mains régulièrement et éternuer dans son coude, ça va bien aller », a-t-elle déclaré.

Or si la Santé publique au niveau provincial recommande la levée des points de contrôle, le discours n'est pas le même en région où les directeurs locaux de Santé publique craignent une propagation plus rapide du virus lorsque la circulation sera ouverte à tous. D'ailleurs, avant l'annonce de la levée des points de contrôle, les directeurs locaux de Santé publique recommandaient un maintien de ceux-ci.

Plusieurs élus du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie souhaitent également un maintien du point de contrôle à La Pocatière mais un retrait de ceux qui divisent leurs deux régions. L'avis est partagé par au moins 22 000 signataires d'une pétition qui va en ce sens.

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Un des seuls élus à avoir un discours se rapprochant de celui du gouvernement dans ce dossier est le maire de Rimouski, Marc Parent, qui en appelle à la solidarité des bas-laurentiens. « Le réflexe de vouloir s’isoler de ces zones chaudes-là n’envoie pas selon moi un message de solidarité. Je vous assure que ce n’est pas une situation facile de devoir trouver le juste équilibre entre les deux, mais d’un autre côté, on ne veut pas se retrouver en 2021 avec une rue Saint-Germain plein de commerces fermés », avait-il déclaré lors d'une récente allocution publique.

Le préfet de la Haute-Gaspésie, Allen Cormier, estime que la ministre devrait plutôt s'en remettre à la volonté de la majorité des élus gaspésiens et d'une bonne partie de la population qui souhaitent un maintien des points de contrôle. « Nous avons la même position depuis longtemps, soit de lever les points de contrôle de Sainte-Florence et des Méchins mais de maintenir et même renforcer celui de La Pocatière. »

Conscient des impacts économiques d'une fermeture prolongée des régions, Allen Cormier est d'avis que la saison touristique pourrait d'abord se vivre à l'intérieur de la Gaspésie puis ensuite être étendue au Bas-Saint-Laurent et dans les autres zones froides. « Quant à Montréal, il faudra voir si le nombre de cas baisse. Nous pourrons alors prendre des décisions basées sur ces données », croit-il.

Allen Cormier

©Photo Gracieuseté

Le préfet de la Haute-Gaspésie, Allen Cormier.

Bruno Paradis

©Jean-Philippe Langlais - L'Avant-Poste

Le préfet de La Mitis, Bruno Paradis.

Le préfet de La Mitis, Bruno Paradis, se dit très déçu de la position de la ministre Proulx. « Je ne leur prête aucune mauvaise intention mais j'ai de la difficulté à voir les gains pour notre région d'ouvrir les points de contrôle si rapidement. Notre position à la Table des préfets reflétait la position des élus et de la population en général. »

Bruno Paradis croit que quelques semaines supplémentaires de fermeture auraient été bénéfiques pour tout le monde. « La présence policière aux points de contrôle amenait un sentiment de sécurité chez les gens. De plus, les commerçants auraient pu mieux se préparer à une éventuelle relance. »

Pour le préfet de La Mitis, il s'agit d'une décision qui apporte son lot de risques. « Je souhaite ardemment qu'ils aient raison et que j'aie tort », conclut-il.

Scénario différent sur la Côte-Nord

Sur la Côte-Nord, les élus et les responsables de la santé publique régionale ont toutefois réussi à repousser la levée des points de contrôle. On jugeait qu'il était trop rapide de rouvrir la région alors que les écoles venaient à peine de reprendre du service. « Ça donnera une semaine après le quatorze jours d’incubation pour réévaluer la situation. À un moment donné, il faudra rouvrir la région, mais là (le 18 mai), ça aurait été prématuré. Il faudra apprendre à apprivoiser le virus et à le côtoyer. Il faut appliquer les mesures de distanciation et d’hygiène », affirmé le maire le maire de Port-Cartier, Alain Thibault au journal Le Nord-Côtier.

La seule différence entre la situation de la Côte-Nord et celles du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie est la voix des communautés autochtones qui se joignent à celle de la santé publique régionale. Le docteur Stanley Vollant de la cellule de crise innue avait également recommandé un maintien des points de contrôle.

Le gouvernement fait donc cavalier seul dans ce dossier mais la ministre Marie-Eve Proulx se fait rassurante en disant qu'il sera toujours possible de faire marche arrière si le virus se mettait à faire des ravages dans la région. « Si la situation changeait, on va agir et le gouvernement n’hésitera pas à suivre les recommandations de la santé publique pour procéder à des ajustements et à proposer de nouvelles consignes. »

Voyager ou ne pas voyager?

À savoir où est l'intérêt de rouvrir les régions alors qu'aucune indication claire n'a été émise sur les établissements d'hébergement, les campings et les commerces à vocation touristique, la ministre Proulx répond que les règles de base de santé publique sont plus importantes que les barrages. « Ce ne sont pas les points de contrôle qui vont empêcher la propagation du virus mais bien le respect des règles de distanciation sociale. »

Marie-Eve Proulx rappelle que les déplacements inutiles entre les régions n'est pas recommandée. « On reste autour de chez soi. On ne se déplace pas à moins que ce soit nécessaire. Mais ce n'est pas le temps de se diviser entre nous. Les gens doivent se responsabiliser dans le respect des règles sanitaires. C'est ça qui éviter la crise. »

Et qu'en est-il des gens qui possèdent des chalets dans les régions. « À partir du moment où les points de contrôle sont levés, les gens pourront circuler mais les mêmes consignes de santé publique s'appliquent. On fait l'épicerie d'où on part, on rentre dans le chalet et on reste là. Il faut respecter ces règles-là à la lettre. »

 

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