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31 juillet 2019

Stéphane Quintin - squintin@lexismedia.ca

Le ministère de la Faune n’autorise pas la rétention des grands saumons dans la rivière Matapédia

Pêche au saumon dans la rivière Matapédia

Pêche au saumon rivière Matapédia

©Gracieuseté Corporation de gestion des rivières Matapédia et Patapédia

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs n’a pas autorisé cette année la rétention des grands saumons dans la rivière Matapédia.

Dans le cadre du Plan de gestion du saumon atlantique 2016-2026, déterminant les modalités de pêche de l’espèce en fonction de l’état des populations, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs a annoncé, le 31 juillet, qu’il n’autorisait pas cette année, contrairement à l’été 2018, la rétention des grands saumons capturés par les pêcheurs dans la rivière Matapédia, qui devront les remettre à l’eau.

Le ministère rappelle que la rétention des grands saumons atlantiques, dont la longueur est de 63 cm ou plus (24,8 pouces), ne peut être permise que dans les rivières ayant atteint leur cible de gestion au cours des dernières années et à la mi-saison de l’année en cours. Selon la directrice générale de la Corporation de gestion des rivières Matapédia et Patapédia, Michelle Lévesque, les analyses de montaisons de la saison en cours ont estimé qu’environ 1 300 grands saumons avaient été répertoriés jusqu’ici, soit un résultat inférieur au seuil de 1 400 poissons établi par le ministère dans cette rivière pour pouvoir y autoriser leur rétention.  

À noter que les grands saumons, aussi appelés saumons « rédibermarins », sont les poissons qui ont passé deux hivers ou plus en mer. Chez les femelles, le nombre d’œufs est presque trois fois plus élevé que chez les petits saumons, aussi appelés « madeleineaux », qui n’ont passé qu’un seul hiver en mer et mesurent moins de 63 cm (24,8 pouces). Le nombre de prises par saison est contingenté à quatre saumons, dont un rédibermarin, là où sa pêche est autorisée. L’an dernier, leur capture dans la rivière Matapédia avait été permise. En 2019, dans le Bas-Saint-Laurent, seule la rivière Matane a obtenu cette autorisation.

Une estimation difficile des montaisons     

Contrairement à des rivières comme la rivière Matane, qui possède dans son centre-ville un barrage au niveau duquel une passe migratoire a été aménagée spécifiquement pour le saumon, grâce à laquelle les poissons peuvent être comptabilisés de manière précise, le comptage des saumons dans la rivière Matapédia est beaucoup plus difficile et doit être réalisé par des plongeurs chargés de compter l’espèce à l’œil nu, malgré la turbidité de l’eau. « C’est le même processus dans la rivière Bonaventure mais là-bas, ils bénéficient d’une limpidité impressionnante, la rivière coulant à travers les Chic-Chocs avant de rejoindre la Baie-des-Chaleurs. Du côté de notre rivière, qui prend sa source dans le lac Matapédia, l’eau est beaucoup plus trouble parce qu’elle traverse des zones habitées en amont du cours d’eau, ce qui rend le décompte des plongeurs plus difficile », a expliqué Mme Lévesque, en précisant que les données d’abondance du ministère représentaient des valeurs minimales et souvent conservatrices, les plongeurs n’étant pas capables d’apercevoir dans ces conditions tous les grands saumons ayant trouvé refuge dans les plus de 100 fosses de la rivière. À des fins de gestion de la ressource, les chiffres officiels du décompte annuel sont livrés durant l’automne.

« Nous vivons cet été une meilleure saison que l’an dernier. Plusieurs ruisseaux ne se sont pas asséchés comme en 2018, au moment de la canicule. » - Michelle Lévesque, directrice générale de la Corporation de gestion des rivières Matapédia et Patapédia

Une rivière de réputation mondiale     

Tout en rappelant que la rivière Matapédia conservait depuis plusieurs années son statut de zone historique de la pêche au saumon, attirant des pêcheurs des États-Unis, d’Europe, du Nouveau-Brunswick, voire même de l’Alberta, Michelle Lévesque a précisé que les années pouvaient être plus ou moins bonnes en fonction des températures de l’eau et des périodes de sécheresse. « Nous vivons cet été une meilleure saison que l’an dernier. Les températures sont plus douces. Les orages ont permis de maintenir le débit de l’eau à un niveau correct, et surtout de la refroidir. Plusieurs ruisseaux ne se sont pas asséchés comme en 2018, au moment de la canicule », s’est-elle réjouie, en précisant que l’année passée, des saumons avaient pu aussi monter la rivière plus tardivement que prévu, le temps d’attendre les conditions climatiques propices. Dans son bilan de l’exploitation du saumon au Québec en 2018, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs a indiqué que 2 721 montaisons avaient été dénombrées dans la rivière Matapédia, comprenant 1 761 grands saumons et 960 madeleineaux, soit le deuxième chiffre le plus élevé dans la région, derrière la rivière Cascapédia (3 265 montaisons) et devant la rivière Matane (2 000 montaisons).   

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