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27 mars 2019

Carolanne d'Astous Paquet - cdastous@lexismedia.ca

Manque de places et de personnel dans les garderies matapédiennes

©Photo Gracieuseté – CPE l’Enfant Joue

De nombreux enfants en attente d’une place en garderie espèrent pouvoir faire leur entrée au sein des installations des CPE l’Enfant Joue.

Une double problématique frappe actuellement les garderies et les centres de la petite enfance (CPE) du territoire matapédien. D’un côté, le domaine peine à recruter des éducatrices et des responsables de service de garde (RSG) en milieu familial alors que d’un autre angle, plusieurs parents se retrouvent dépourvus d’endroits pour faire garder leurs enfants.

À l’heure actuelle, de nombreux parents de La Matapédia doivent trouver des alternatives pour pallier l’absence de places en service de garde. L’attente est longue et l’urgence est à son comble pour plusieurs mères et pères de famille qui se retrouvent sans options.

Des ratios à respecter

D’entrée de jeu, il faut savoir que les CPE ainsi que les garderies, subventionnées ou non, doivent respectés les ratios régis par le ministère de la Famille. En ce sens, un membre du personnel ne peut détenir plus de 20 enfants âgés de 5 ans et plus sous sa responsabilité. Quant aux enfants âgés de 4 ans à moins de 5 ans, le groupe ne peut excéder le nombre de 10 enfants par personne responsable.

L’éducatrice ou la RSG ne peut également avoir plus de 8 enfants âgés entre 18 mois et 4 ans sous sa charge. Enfin, le ratio établi pour les poupons, soit les enfants de moins de 18 mois, se limite à un maximum de 5 enfants par membre du personnel. Ce sont d’ailleurs les parents de ces poupons qui ont plus de difficulté à trouver une garderie, dû au ratio plutôt limité pour cette tranche d’âge. Bien qu’il soit encourageant d’observer ce « baby boom » présent dans la Vallée, la dure réalité rattrape néanmoins ces jeunes familles qui éprouvent des embûches dans la conciliation famille et travail.

La conciliation travail-famille, de plus en plus difficile

C’est d’ailleurs le cas de cette jeune professionnelle et mère de famille, Sophie Bouchard, qui a dû faire des pieds et des mains pour faire garder ses enfants. « J’étais incapable de trouver une place pour mes enfants, j’ai même trouvé une amie qui m’a dépanné un certain temps. », a indiqué la citoyenne de Val-Brillant. Il fut un temps où Sophie devait amener son poupon avec elle, sur ses heures de travail au bureau. Notons que le conjoint de Sophie est, plus souvent qu’autrement, à l’extérieur de la Vallée, dans le cadre de son métier.

Sophie a dû refaire les mêmes démarches, à maintes reprises, puisque ses garderies, surtout privées, ont fermé boutique l’une après l’autre. « Mon plus jeune qui a 16 mois en est à sa quatrième garderie déjà », a-t-elle lancé. Heureusement, les deux enfants de Sophie vont désormais à la même garderie. Comme plusieurs parents au pied du mur, Sophie a même dû se retirer du marché du travail, pendant un moment, pour s’occuper de sa progéniture. Une situation de plus en plus commune qui n’aide en aucun cas la pénurie de main d’œuvre en région.

Réorientation de carrière

Pour certaines mères, la conciliation travail-famille était si complexe que l’ouverture d’une garderie s’est avérée être l’option la plus viable. Joanie Caron a d’ailleurs osé ce changement de métier pour le bien-être de sa famille. Anciennement infirmière à temps plein, Joanie et son conjoint n’arrivaient tout simplement plus à organiser leurs horaires. « Ça me créait beaucoup de stress, j’étais toujours inquiète pour les enfants. J’en pouvais plus de leur faire vivre ça, garderie le jour, gardienne le soir, ça avait pas de bon sens. Je me suis dit, je n’ai pas mis des enfants au monde pour pas les voir », a témoigné la RSG en milieu familial pour l’Enfant Joue.

Les véritables enjeux des garderies et des CPE

L’un des plus grands défis des CPE et des services de garde en milieu familial repose sur les difficultés à recruter de nouvelles responsables en service de garde, puis à consolider l’équipe. « Le plus difficile, c’est de retenir nos éducatrices qui sont sur la liste de rappel », a révélé madame Josée Mélissa Heppell, directrice des Services de garde l'Enfant Joue CPE-BC MRC de la Matapédia. Il est à noter que Josée Mélissa est à la barre des services de garde l’Enfant Joue, soit les CPE de Saint-Moïse et de Sayabec, en plus des services de garde en milieu familial reconnus par le bureau coordonnateur du territoire.

L’autre défi se situe au niveau des places disponibles en CPE et en services de garde, en fonction des ratios émis par le ministère de la Famille. Dans la Vallée de La Matapédia, pas moins de 40 poupons figurent sur la liste d’attente de l’Enfant Joue. « Notre liste d’attente concerne davantage les pouponnières. » Selon madame la directrice, l’une des solutions envisageables serait de se voir accorder de nouveaux espaces par le ministère, de sorte à pouvoir accueillir un plus grand nombre d’enfants âgés entre 0 et 18 mois.

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