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14 février 2019

Jean-Philippe Thibault - jpthibault@lexismedia.ca

Après les perquisitions, les arrestations

Réseau lié aux Hells Angels dans l’Est

Trente-deux personnes qui seraient liées avec les Hells Angels en matière de trafic de stupéfiants ont été arrêtées aujourd’hui aux petites heures du matin un peu partout dans l’Est du Québec et au Nouveau-Brunswick dans une trentaine de municipalités.

Cette nouvelle rafle policière survient environ un mois après les séries de perquisitions qui avait été menées dans le même dossier, dont à Rivière-au-Renard et Port-Daniel-Gascons. Des comparutions auront lieu un peu plus tard dans la journée dans les palais de justice de Percé, des Îles-de-la-Madeleine, de Rimouski et de Québec. Quatre autres personnes étaient d’ailleurs toujours activement recherchées au moment d’écrire ces lignes.

L’enquête du projet Oursin a pour but de faire la lumière sur une organisation criminelle communément appelée le « Réseau de l’Est », qui contrôlerait la distribution de stupéfiants au Bas-Saint-Laurent, en Gaspésie aux Îles-de-la-Madeleine.

La SQ a fait le point sur le dossier cet avant-midi en conférence de presse, précisant que les perquisitions auront permis de mettre la main sur 6 kg de cocaïne, 232 000 comprimés de métamphétamines, 640 000 dollars en argent comptant, 3 véhicules, 23 armes à feu – dont certaines d’assaut – et quelques vestes aux couleurs des Hells Angels.

Selon l’organigramme partagé par les forces de l’ordre, les têtes de réseaux à Rivière-au-Renard seraient Florian Aubut, O’Neil Aubut, Kelly Aubut et Edith Parent. Différentes accusations en matière de complot et trafic de stupéfiants ainsi que de possession de cocaïne en vue d’en faire le trafic ont été portées. Pierre Brotherton serait quant à lui impliqué dans le secteur de Port-Daniel à l’Anse-aux-Gascons pour complot, trafic de stupéfiants et distribution de cannabis.

Coup dur

 

Les informations accumulées tendent à démontrer que les réseaux contrôlaient la vente et la distribution de drogue de synthèse et de cocaïne dans l’Est du Québec et au Nouveau-Brunswick en payant une taxe aux Hells Angels. Pour une période d’environ 4 mois, la chiffre d’affaires de cette structure s’élèverait à près de 2,4 millions de dollars et aurait généré une part de 250 000$ versés à l’organisation criminelle.

« La mécanique est simple, les Hells contrôlent le territoire et permettent à des réseaux d’y faire la vente de stupéfiants, moyennant le paiement d’une cote ou en imposant une taxe sur la quantité de drogues vendue, a expliqué le porte-parole de la SQ, Guy Lapointe. Comme les Hells contrôlent l’approvisionnement, ils détiennent ainsi le monopole et sont en mesure de protéger celui-ci en entretenant un régime de peur, en ayant recours à la violence et en affichant leurs couleurs. Au final, ils contrôlent les réseaux de distribution, d’importation et de production en passant par les gestionnaires de territoire, les distributeurs régionaux jusqu’aux courriers qui s’occupent de transmettre les profits. »

Grossièrement, pour faire un parallèle, on peut comprendre que le territoire « appartient » aux Hells Angels et est ensuite « loué » à d’autres réseaux ou organisations qui leur verse une partie des profits. Aucun membre en règle des Hells Angels n’a été arrêté dans l’opération.

Ce dernier ajoute que des preuves directes ont été recueillies pour chacun des 32 individus arrêtés ce matin et que la pression continuera d’être mise face au crime organisé, bien que la structure soit affaiblie avec cette opération de la Saint-Valentin.  « Les arrestations de ce matin portent un grand coup. Elles viennent à toute fin pratique éliminer la structure contrôlant le territoire et la distribution dans ces régions », conclut le porte-parole de la Sûreté du Québec.

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