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16 janvier 2019

Stéphane Quintin - squintin@lexismedia.ca

Achat d’un navire de 49 ans : la STQ présente ses solutions pour pallier l’arrêt du F.-A.-Gauthier

Traversier

F.-A.-Gauthier traversier STQ

©Archives - L'Avant-Poste

Le F.-A.-Gauthier est en cale sèche à Lévis depuis lundi dernier pour une inspection de ses propulseurs, à l'origine de l'interruption du service de traversier durant la période des Fêtes entre Matane et la Côte-Nord.

Lors d’une conférence de presse organisée le 16 janvier à la gare fluviale de Matane, le PDG par intérim de la Société des traversiers du Québec, François Bertrand, a pris officiellement la parole pour présenter les solutions adoptées par la compagnie pour assurer, à court et à long terme, le service maritime à la traverse Matane–Baie-Comeau–Godbout en l’absence du F.-A.-Gauthier, en cale sèche à Lévis depuis le 14 janvier pour une inspection de ses propulseurs défectueux.

La compagnie a officialisé mercredi matin, pour la somme de 2,1 M$, l’achat d’un navire de Labrador Marine, entreprise privée de Terre-Neuve-et-Labrador, le NM Apollo, assurant encore pour quelques jours un service de traversier de passagers et de véhicules entre St. Barbe et Blanc-Sablon. Construit en 1970, le navire a une capacité d’accueil de 240 passagers et 80 véhicules, contre 800 passagers et 180 véhicules pour le F.-A.-Gauthier, 750 passagers et 200 automobiles pour le CTMA Vacancier, en renfort depuis le 8 janvier. Malgré son demi-siècle d’existence, le PDG de la STQ affirme que l’Apollo a toutes les certifications nécessaires et sera revendu par la suite.  

« Ne vous y trompez pas, la situation qu’on vit actuellement est loin d’être idéale et nous sommes très mécontents de ce qui se passe. Cette acquisition est la conclusion de recherches extensives que nous avons menées au Québec, au Canada et à l’international. Notre intention originale était d’affréter un navire (louer) pour répondre à ces besoins ponctuels mais aucune option n’était disponible sur le marché à aussi court terme. L’interruption du service maritime était inenvisageable, tant pour la STQ que pour le gouvernement du Québec. Dans ces circonstances, l’achat de l’Apollo pour une utilisation temporaire était la seule alternative possible », a déclaré le PDG de la compagnie, François Bertrand, qui a précisé que le navire sera revendu lorsqu’il ne sera plus requis et que des traverses supplémentaires seront mises en place pour compenser son gabarit moins important.

Apollo traversier STQ

©Gracieuseté Labrador Marine

L'Apollo devrait arriver à Matane au courant du mois de janvier, avant le départ du CTMA Vacancier vers les Îles-de-la-Madeleine.

Des compensations financières

La Société des traversiers du Québec a par ailleurs évoqué cet après-midi un système de compensations financières qui seront mises en place pour certains clients touchés par l’arrêt du service maritime durant le temps des Fêtes, notamment pour les entreprises de transport. Les modalités et l’admissibilité de cette compensation seront transmises ultérieurement, après une période de réflexion. « Je suis tout à fait conscient des inconvénients qu’a pu générer l’arrêt de la liaison maritime entre Matane, Baie-Comeau et Godbout à l’approche de la période des Fêtes », a regretté M. Bertrand. N’étant pas contractuellement tenue d’offrir ces compensations financières, la compagnie a souligné y avoir recours surtout pour une question d’image et de confiance envers les usagers.

Rappelons que le 20 décembre dernier, le F.-A.-Gauthier avait été retiré du service pour une durée indéterminée en raison d’un problème avec les propulseurs du navire constaté lors d’un arrêt planifié pour d’autres travaux les 17 et 18 décembre. En plus de départs ajoutés à la traverse Rivière-du-Loup–Saint-Siméon, 4 254 passagers ont eu recours au service aérien mis en place du 21 décembre au 7 janvier entre les deux rives du fleuve, soit près de 43 % de la clientèle ayant fréquenté la traverse à la même période l’an dernier, selon la compagnie. Quant au coût de maintien de ces services temporaires de transport, il est évalué à 1 M$, comprenant l’affrètement du CTMA Vacancier, les différents frais liés au service aérien et l’estimation des pertes financières conséquentes à l’arrêt du F.-A.-Gauthier.

François Bertrand directeur par intérim de la Société des traversiers du Québec STQ

©Stéphane Quintin - L'Avant-Poste

François Bertrand, directeur par intérim de la Société des traversiers du Québec par intérim depuis mars 2017.

« Nous évaluons avec attention toutes les pistes d’action qui s’offriront à nous pour récupérer la somme que ce bris a pu imposer à la STQ et au contribuable québécois. » - François Bertrand, PDG par intérim de la Société des traversiers du Québec

Les prochaines étapes pour le F.-A.-Gauthier

En cale sèche à Lévis depuis lundi pour une période de deux semaines, le navire retiré du service subira une évaluation technique. « L’équipe d’experts de la STQ, étroitement soutenue par des représentants du fabricant du système de propulsion, s’activera maintenant à identifier avec précision la nature du bris rencontré », a précisé M. Bertrand. Les deux propulseurs azimutaux du navire seront retirés de la coque puis démontés « pièce par pièce » pour identifier la nature de leur mauvais fonctionnement, une entreprise qui ne pouvait être réalisée à flot en raison de leur position dans la partie submergée de la coque. Le bilan des travaux de diagnostic et de réparation sera déterminé une fois l’opération complétée.

« Nous n’avons aucun regret sur le type de propulsion du F.-A.-Gauthier, qui est parfaitement adapté aux glaces durant l’hiver et permet une manœuvrabilité sans pareil. Durant tout le processus qui a mené à la signature du contrat avec Fincantieri, nous nous sommes adjoints d’un vérificateur externe recommandé par le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada et son rapport était favorable », a affirmé M. Bertrand, en rappelant que d’autres chantiers comme Davie, au Québec, avaient aussi soumissionné. « La STQ dispose évidemment d’une assurance pour ses navires. Le montant d’éventuelles réclamations n’est pas connu pour le moment mais vous pouvez être certains que nous évaluons avec attention toutes les pistes d’action qui s’offriront à nous pour récupérer la somme que ce bris a pu imposer à la STQ et au contribuable québécois », a poursuivi le PDG de la compagnie, en poste depuis 2017 par intérim.

F.-A.-Gauthier STQ traversier

©Gracieuseté Société des traversiers du Québec

Le F.-A.-Gauthier est en cale sèche à Lévis depuis lundi dernier.

Quel plan à long terme ?  

La Société des traversiers a par ailleurs réactivé un plan pour se doter d’un navire qui pourrait rejoindre sa flotte de manière permanente. « Dès mon entrée en fonction, nous avions clairement identifié les risques liés à l’absence d’un navire de relève permanent capable de pallier l’absence du F.-A.-Gauthier lors d’arrêts techniques, de cales sèches ou de situations imprévues comme celle qui s’est présentée en décembre. Des démarches concrètes avaient été entamées pour corriger la situation. Un navire constituant l’alternative de relève adéquate avait notamment été ciblé sur les marchés internationaux. Son achat avait fait l’objet de recommandations de la part de la STQ l’an dernier », a assuré François Bertrand, en précisant qu’à la suite de l’épisode du mois de décembre, des négociations étaient en cours avec l’armateur pour en faire l’acquisition. Cette dernière pourrait survenir au cours des prochaines semaines et assurer une autonomie complète de la compagnie dans la gestion de sa flotte en cas d’arrêts prévus ou imprévus, sans avoir recours à un tiers. De son côté, le CTMA Vacancier poursuivra son remplacement jusqu’au 1er février, date à laquelle il renouera avec sa desserte habituelle des Îles-de-la-Madeleine.

Apollo traversier STQ

©Gracieuseté Labrador Marine

L'acquisition de l'Apollo est présentée comme une solution temporaire. Le navire, vieux d'un demi-siècle, sera revendu à l'issue de l'achat d'un navire de remplacement permament par la STQ.

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