Carrières Avis de décès Classées Édition Électronique

Recherche

Recherche par terme

Journaliste

Date de parution

_

Catégories

Actualités

Retour

27 novembre 2018

Carolanne d'Astous Paquet - cdastous@lexismedia.ca

La ténacité d’un élève en difficulté

Stéphane Hammond

©Photo Gracieuseté

Stéphane Hammond, originaire de Sayabec, est parvenu à décrocher deux certificats universitaires malgré de lourdes difficultés scolaires qui le classaient, à l'époque, dans un groupe d'élèves ayant une déficience intellectuelle.

Stéphane Hammond est loin d’avoir le parcours scolaire typique d’un diplômé universitaire. Bousculé dans un système scolaire qui le confine dans le moule des « moins doués », il prend huit ans pour effectuer son secondaire à la Polyvalente de Sayabec. Malgré un diagnostic tardif de dyslexie-dysorthographie, il parvient tout de même à réaliser son rêve d’accéder à l’université et de devenir éducateur spécialisé. L’homme de 43 ans transmet maintenant son savoir, mais également son histoire qui en inspire plus d’un.

Stephane Hammond grandit dans le village de Sayabec où il effectue ses études au niveau primaire et secondaire. Alors qu’il cumule les échecs scolaires, Stephane doit faire partie d’une classe d’adaptation scolaire qui est, à l’époque, fréquentée par des personnes ayant une déficience intellectuelle. Convaincus du potentiel de leur fils, les parents de Stephane Hammond s’opposent à ce classement pour son entrée à l’école secondaire. « Si mes parents avaient accepté que je sois dans cette classe, je ne serais pas là aujourd’hui. Ça aurait été difficile de sortir du moule », a-t-il révélé.

Huit années à l’école secondaire

Constatant les difficultés scolaires éprouvées par Stéphane, le directeur de la polyvalente de Sayabec classe ce dernier en cheminement temporaire alors qu’il est âgé de 12 ans. Après négociations, Stéphane peut finalement accéder au cheminement continu, mais ce classement ne se fait pas sans embûches. Quatre années plus tard, Stéphane a 16 ans, il est classé en cheminement temporaire, deuxième année de niveau secondaire 1. La majorité des jeunes de son âge évoluent en quatrième secondaire. Toujours cloué au premier secondaire, Stéphane subit quelques épisodes d’intimidation qui auraient pu l’inciter à décrocher.

En revanche, le Matapédien ne se laisse pas abattre par le jugement d’autrui, encore moins par les commentaires défaitistes. « Moi me faire dire, t’es pas bon, tu ne seras pas capable, ça me donne juste le goût de prouver le contraire », a-t-il affirmé en ajoutant que son plus jeune frère n’a malheureusement pas eu cette chance puisqu’il a abandonné ses études prématurément. L’homme originaire de Sayabec admet cependant qu’il a songé au décrochage comme la plupart des personnes aux prises avec des difficultés scolaires.

« Moi ce qui m’a sauvé, c’est le hockey. Au secondaire, j’allais à la bibliothèque pour lire le journal des sports, un peu pour éviter de me faire intimider aussi. Je savais toutes les statistiques des joueurs de hockey par coeur. La lecture m’a aussi permis d’améliorer mon français qui me causait problème », a-t-il confié.

Après huit années d'études, Stéphane Hammond est désormais majeur, mais il obtient enfin son diplôme d'études secondaires (DES) à l’aide d’un programme d’unité de rattrapage.

Abandonner n’a jamais été une option

Stéphane Hammond est déterminé à se rendre au cégep comme ses deux sœurs, malgré le scepticisme exprimé par certains membres du corps professoral. « J'ai dû convaincre des enseignants, des directeurs et un orienteur que j'avais les capacités d'aller étudier au Cégep », a-t-il indiqué. L’homme qui n’a jamais lâché est finalement accepté en sciences humaines au Centre matapédien d’études collégiales (CMEC).

Grâce à sa grande volonté, Stéphane Hammond décroche deux certificats universitaires. Depuis le 19 juillet 2003, monsieur Hammond travaille comme technicien en éducation spécialisée à Rivière-Ouelle au sein du Programme DI-TSA du CISSS du Bas St-Laurent. « Aujourd’hui je travaille avec des jeunes qui ont des difficultés comportementales ou neurologiques, puis quand un jeune me dit qu’il veut être pareil comme les autres et que ça le frustre, je le comprends parce que je suis passé par là », a-t-il exprimé.

Stéphane Hammond donne également des conférences dans le but d’aider des jeunes en difficulté. 

« Dans ma conférence, je compare les études au hockey. Comme au hockey, je voulais être dans une classe régulière parmi les meilleurs. Je ne voulais pas jouer sur la quatrième ligne, je voulais jouer sur la même ligne que Lemieux », a révélé l’éducateur spécialisé et conférencier qui espère inciter ne serait-ce qu’un élève à s’accrocher à un rêve pour éviter le décrochage.

stephane hammond

©Photo Gracieuseté

Stéphane Hammond a mis sur pied une conférence intitulée « Hammond avis, tout est possible avec la persévérance », dédiée aux élèves en difficultés ainsi qu'à leur entourage.

Commentaires

27 novembre 2018

Stéphane hammond

Merci à madame D’Astous-Paquet pour l’article et tout ceux qui le lisent, qui le commente et le partage un grand merci

28 novembre 2018

Gisele dechamplain

Félicitation pour votre détermination vous êtes un bel exemple du vouloir c’est pouvoir

28 novembre 2018

France Bérubé

Bonjour, D'abord bravo pour ce parcours exceptionnel. J'enseigne à l'école Val-Brillant, près dAmqui et j'aimerais savoir si vous faites des conférences dans les écoles. Je suis en 5e et 6e années et je travaille avec des enfants ayants des troubles de comportement (2) et plusieurs qui font preuve de passivité ou ayant des difficultés d'apprentissage. Seraiit-ce possible de venir les encourager et si oui, à quel prix. Merci de me répondre .. France Bérubé 418-742-3279....poste 7832

Inscrivez votre commentaire

Politique d'utilisation Politique de confidentialité

Agence Web - Caméléon Média