La prison à vie pour Savoie, plus de 20 ans après son crime


Publié le 5 mai 2017

Le Palais de justice de New Carlisle.

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Après avoir plaidé coupable à un chef réduit de meurtre au second degré le 3 mai, Réal Savoie s’est vu imposer une peine de prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant 22 ans par le juge Louis Dionne, le 5 mai au palais de justice de New Carlisle.

La Couronne a fait entendre trois témoins en cette dernière journée du procès, soit la sœur et le frère de la victime Sonia Raymond, Céline et Guylain Raymond, de même que son amoureux de l’époque, Marco Normandeau.

« Le départ de Sonia a laissé un immense vide et une immense douleur. […] Aujourd’hui, c’est un grand jour. Justice a été rendue. La grande traversée est maintenant terminée », a témoigné Céline Raymond. Son frère Guylain a confirmé que l’épreuve avait été très pénible pour la famille. « Nous avons toujours fait confiance à la justice, et aujourd’hui, c’est une victoire pour nous », a-t-il dit.

« Réal Savoie m’a volé mon amoureuse, mais aussi une fille, une sœur, une tante, une amie. Il a volé la quiétude de la Baie-des-Chaleurs et de nombreuses femmes », a ajouté Marco Normandeau.

Plaidoyer de culpabilité

Deux jours plus tôt, la journée avait été ponctuée de nombreux délais alors que les deux parties avaient négocié la réduction de la peine en échange d’un plaidoyer de culpabilité. Il y a eu un arrêt conditionnel des procédures sur les deux autres chefs, soit ceux d’agression sexuelle armée et de séquestration.

Le juge Dionne avait accepté la proposition des deux parties : « Après avoir entendu la preuve pendant moult semaines, je n’ai pas besoin de tergiverser avant d’accepter le plaidoyer de meurtre [au second degré]. »

« La preuve était assez forte, et c’était dans l’intérêt de mon client de plaider coupable à un chef réduit et sauver quelques années d’emprisonnement », avait indiqué l’avocat de la Défense Me Marcel Guérin.

« Nous avons négocié, et les deux parties ont trouvé un compromis », avait mentionné Me Éric L. Morin, l’avocat de la Couronne, sans vouloir préciser officiellement ce qu’il estimait être l’élément qui avait changé la donne. Sa collègue, Me Florence Frappier-Routhier, avait confirmé que le dénouement était à la hauteur de ses attentes. « On est très soulagés », avait commenté Céline Raymond.

Rappelons qu'au début des procédures, Réal Savoie était accusé de meurtre au premier degré, d’agression sexuelle armée et de séquestration sur la personne de Sonia Raymond. Le crime s’est produit le 27 juillet 1996 sur le banc de Maria. C’est grâce à une opération dite Mr Big que les policiers ont réussi à soutirer des aveux à Réal Savoie.