Réal Savoie plaide coupable à un chef de meurtre au second degré


Publié le 3 mai 2017

Le Palais de justice de New Carlisle.

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La salle du palais de justice de New Carlisle était bondée aujourd’hui, alors qu’on attendait le témoignage de l’accusé Réal Savoie. C’est finalement à un plaidoyer de culpabilité qu’a eu droit l’assistance de quelque 75 personnes.

La journée a commencé hors-jury avec la présentation d'une requête. S’en sont suivis de nombreux délais où les avocats de la Défense et de la Couronne se sont entretenus.

Au retour du dîner, le jury est entré dans la salle d’audiences pour à peine 10 minutes, avant que le juge accorde un autre délai aux procureurs pour qu’ils poursuivent leurs négociations. Plus d’une heure plus tard, à la reprise, l’avocat de la défense Me Marcel Guérin annonçait que son client était prêt à enregistrer un plaidoyer de culpabilité à un chef de meurtre au second degré. Il y a eu un arrêt conditionnel sur les deux autres chefs, soit celui de séquestration et d'agression sexuelle armée.

Le juge Dionne a accepté la proposition des deux parties : « Après avoir entendu la preuve pendant moult semaines, je n’ai pas besoin de tergiverser avant d’accepter le plaidoyer de meurtre [au second degré]. »

Il reste aux deux parties à en venir à une suggestion commune pour ce qui est de la période avant que Réal Savoie ne soit admissible faire une demande de libération conditionnelle. Cet aspect est en fait ce qui distingue les peines de meurtre au premier et au second degré, qui sont tous deux passibles d’une peine d’emprisonnement à perpétuité, avec possibilité de libération après 25 ans, ou après 10 ans. La proposition commune se situera donc entre ces deux extrêmes.

C’est vendredi matin que les parties présenteront leur proposition, que le juge sera libre d’accepter ou non. La Couronne fera d’ailleurs entendre deux témoins, soit des membres de la famille de Sonia Raymond.

Réactions

« La preuve était assez forte, et c’était dans l’intérêt de mon client de plaider coupable à une preuve réduite et sauver quelques années d’emprisonnement », a indiqué Me Guérin.

Céline Raymond était soulagée de voir cette saga prendre fin.
Photo TC Media - Frédéric Durand

« Nous avons négocié, et les deux parties ont trouvé un compromis », a mentionné Me Éric L. Morin, l’avocat de la Couronne, sans vouloir préciser officiellement ce qu’il estime avoir été l’élément qui a changé la donne. Sa collègue, Me Florence Frappier-Routhier, a confirmé que le dénouement était à la hauteur de ses attentes.

« On est très soulagés. On va se parler davantage vendredi, je m’en vais appeler ma famille », a commenté la sœur de la victime, Céline Raymond, en remerciant les médias d’avoir fait le pont entre les procédures et le public.

Rappelons qu'au début des procédures, Réal Savoie était accusé de meurtre au premier degré, de séquestration et d'agression sexuelle armée sur la personne de Sonia Raymond. Les faits reprochés remontent au 27 juillet 1996.