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« Il faut améliorer l'autonomie des infirmières » - Lucie Tremblay


Publié le 10 juillet 2017

Lucie Tremblay, présidente de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, à droite, en compagnie de la présidente de l'Ordre régional, Deyna L'Heureux.

©Photo TC Media - Sonia Lévesque

TOURNÉE RÉGIONALE. L'avenir des soins infirmiers réside dans les soins de proximité et une plus grande autonomie de la profession, estime la présidente de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, Lucie Tremblay, (OIIQ) en tournée cette semaine au Bas-Saint-Laurent.

« Les besoins de santé de la population changent. Il y a une intensité des soins qui est grandissante. 50 %  de la population vit avec une maladie chronique. La façon de préparer les infirmières est différente. Il y a de belles expériences ici dans la région. Je pense entre autres à Kamouraska, qui a mérité un prix récemment, où des infirmières, des médecins, des inhalothérapeutes ont mis en place un programme pour les gens qui vivent avec une maladie pulmonaire obstructive chronique. On leur évite ainsi qu'ils aient à consulter à l'urgence, qu'ils aient besoin d'être hospitalisés. L'avenir des soins infirmiers, c'est ça : c'est s'occuper des gens en proximité » souligne madame Tremblay en entrevue.

Si on veut façonner les soins infirmiers de l'avenir, il faut améliorer l'autonomie des infirmières, leur permettre d'en faire davantage, les utiliser à bon escient, davantage au niveau de la proximité.

Lucie Tremblay

Le Bas-Saint-Laurent compte près de 2 000 infirmières, soit 9,6 par 1 000 habitants, l'un des taux les plus élevés au Québec. En comparaison, ce taux est de 8,4 dans le reste de la province. « Autre particularité : c'est la région où il y a la plus grande poursuite aux études universitaires. C'est presque 90 % des gens qui poursuivent leurs études. L'UQAR a été novatrice en permettant de délocaliser les cours un peu partout dans les milieux cliniques. Il y a vraiment un arrimage entre les cégeps, l'université et le milieu clinique pour permettre cette poursuite aux études » constate Lucie Tremblay.

L'accessibilité aux soins de santé demeure le principal défi pour l'OIIQ. « Quand les gens ont accès aux services de santé, ils se disent satisfaits mais l'accessibilité est difficile. On a travaillé sur plusieurs dossiers : on peut penser aux infirmières praticiennes spécialisées (au nombre de sept au Bas-Saint-Laurent). On peut penser aussi aux infirmières qui ont le droit de prescrire, c'est aussi une belle façon d'augmenter l'accessibilité. Si on veut façonner les soins infirmiers de l'avenir, il faut améliorer l'autonomie des infirmières, leur permettre d'en faire davantage, les utiliser à bon escient, davantage au niveau de la proximité » commente la présidente de l'OIIQ, qui croit en la volonté du ministère de la Santé dans ce sens-là.

« Est-ce que ça va assez vite ? Ça ne va jamais assez vite à notre goût. Les besoins sont criants aujourd'hui. Il faut embrasser ces nouvelles  façons de faire rapidement » conclut Lucie Tremblay.